mardi 21 mai 2013

Crucifixion ou cruci-fiction énergétique des PME : entre confession psy et scénario cata !



A l’issue de la rencontre de l’Amicale Parlementaire des PME du 25 avril dernier, la CGPME a mis en ligne le document qui a servi de trame aux trois tables rondes organisées : 1- La transition énergétique dans le respect de la compétitivité des TPE-PME, 2- Rééquilibrer la relation donneur-d’ordre/sous-traitant grâce à la RSE ? 3- Quelle fiscalité écologique ? Quels financements ? Environnement, éthique des affaires, régulation par l’intervention de l’État : trois thèmes à l’ordre du jour, mais une accroche et une couverture qui dramatisent le choc de la transition, à la manière d’une UNE d’hebdo en mal de catastrophe ! Décryptage éclair(age) humoristique… 

 

Un recadrage (tendancieux !) qui décrypte la couverture du rapport DD/PME entre confession psychanalytique et scénario hollywoodien (Photos CGPME)
Sur ce terrifiant triptyque, recadré par nos soins irrévérencieux, voyez surgir les figures archétypales de l’épopée spirituelle et matérielle occidentale :

> À ma gauche, sous un sombre ciel de novembre, l’Esprit Saint qui souffle peu et à peine où il peut, sans doute désorienté et essoufflé par l’irrésolution des tourbillons créés par les incessantes volte-face du char de l’État et de ses politiques erratiques d’incitation solaire et éolienne…

> À ma droite, l’ex-Messie électricité, Fils auréolé du progrès, mais désormais sur le chemin du calvaire, déjà ployant la tête et les épaules sous le poids des normes et des économies d’énergie, des pannes de centrales nucléaires et de la vente de mégawatts surnuméraires aux puissances étrangères outre-Rhin, lumière du monde dont la faible incandescence suffit à peine à illuminer le triste caveau où il attendra l’heure de la renaissance…

> Au centre, le Père céleste et nucléaire, puissant en Térawatts, mais lointain et absent, car dissimulé dans les éthers au-delà de l’atmosphère terrestre polluée des intrépides mégapoles du « business » montées à l’assaut des cieux ; vers quels entreprenants fils d’Adam oublieux de leurs devoirs énerg(én)étiques pointera-t-il son doigt pour les chasser du Paradis de l’énergie à bas prix ? Et vers quelles terres désertiques et schisteuses pointera-t-il le même doigt pour signifier le lieu perdu de leur durable exil ? 

Le poids des mots, le choc des photos… ou le choc électrique des couvertures ?


En surplomb de cette sainte trinité éolo-électro-céleste clouée à sa triste croix grise, s’énonce dans le martellement sonore d’une accroche frappée dans l’airain, la lutte éternelle entre le bien et le mal, l’ami et l’ennemi écartelant la compétitivité vacillante de nos bataillons de PME, piétaille entrepreneuriale une nouvelle fois sacrifiée aux intérêts mondiaux de tous les goliaths du CAC 40…

Ultime signe qui totalise notre essai de traduction – sans doute trop littéral ou libéral, convenons-en ! – du message subliminal voué à nos saints élus intercesseurs :
« Élus du Peuple, priez pour le Développement Durable, mais gardez-nous d’une peine de décompétitivité qui risque de durer éternellement pour les PME, si elle ne tourne pas avant à une brusque descente aux enfers fiscale ! »
Et en arrière-plan de tout ceci, ne devons-nous pas avoir le courage de dévoiler, au choix ou à la fois, une peur inconsciente de la crucifixion sur le terrible chemin fiscal décidé à la tête d’un exécutif aussi sourd que sûr de sa raison… ou encore une cruci-fiction consciente pour faire frémir le corps législatif et implorer son bon secours ? 

Démon du storytelling, quand tu nous tiens !


PS : Heureusement, passé l’État temporaire de stupeur où vous aura plongé la couverture, le contenu du document vous ramène en douceur sur les terres plus sereines et mieux arpentées du lobbying parlementaire à la française. En effet, « Les propositions de la CGPME doivent alimenter le débat parlementaire pour que la compétitivité des entreprises, la sécurité d’approvisionnement, la faisabilité technique et la réversibilité des choix soient au rendez-vous. La loi devra également proposer un accompagnement des TPE-PME productrices et utilisatrices sur le chemin de l’efficacité énergétique… » Mais c’est une autre histoire que je vous laisse découvrir par vous-même ici, patient-e-s et raisonnables (é)lecteur-e-s !

Pour en savoir plus sur les sérieux et excellents travaux menés par la CGPME sur les questions de DD, consultez la page spéciale de leur site en cliquant ici.

vendredi 4 janvier 2013

Des membres du Press Club de France mobilisés pour l’emploi des personnes handicapées


Pour son premier numéro de l‘année 2013, le magazine du Press Club de France (consultez le site ici) revient sur la 16e semaine pour l’emploi des personnes handicapées et sur le Job Studio® organisé par la délégation Ile-de-France de l’Agefiph avec la collaboration des Jardins de la Cité... Extraits de l’article.

La Mairie du 13e arrondissement de Paris avait mis sa salle des fêtes à disposition gracieuse des organisateurs pour accueillir les personnes handicapées en recherche d’emploi participant aux ateliers... (Photo : Nicolas GORNAS, droits réservés)

« Pour la troisième année consécutive, l’agence de communication sociétale Les Jardins de la Cité (membre du Club) a conçu et organisé pour l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées - membre du Club) l’opération Job Studio®, action phare de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées.

Élaboré comme un véritable parcours pédagogique pour « donner un coup de pouce » aux personnes handicapées en recherche d'emploi, le Job Studio® leur a fournit les clés pour réussir leur entretien d'embauche. 16 heures d'ateliers de coaching sur les savoir-être et la mise en valeur des compétences professionnelles et personnelles de chacun ont été programmées : gérer ses émotions en entretien, styler son image en express, parler de soi et se préparer à l'entretien d'embauche. Deux ateliers supplémentaires autour des couleurs et du maquillage ont également été proposés aux participants.


« Le Job Studio® constitue une opération de sensibilisation des recruteurs et permet d’accéder à un vivier de plus de 100 candidats potentiels »


Le Job Studio® a abouti à près de 130 entretiens-tests de 30 minutes avec les recruteurs d'une trentaine de grandes entreprises, présents pour prodiguer des conseils aux participants. Pour ces entreprises partenaires (Assistance aéronautique et aérospatiale, Acoss, Cap Gemini, Efidis, La Française des jeux, Unilever, Nestlé, Auchan...), il constitue une opération de sensibilisation des recruteurs et permet d'accéder à un vivier de plus de 100 candidats potentiels, motivés et présélectionnés en fonction de leur famille de métier. Pour cette nouvelle édition, les recruteurs ont bénéficié eux aussi de conseils de coachs pour qu'ils puissent s'exercer aux pratiques d'entretiens avec des candidats en situation de handicap. L'objectif de cet atelier était de sortir des pratiques de recrutement basées sur les référentiels (diplômes, parcours...) et de s'ouvrir davantage à l'expérience et aux compétences des candidats ».

Pour en savoir plus sur le Job Studio et voir un vidéo-reportage, consultez la page spéciale du site de l’Agefiph en cliquant ici.

mardi 27 novembre 2012

Décrypter les attitudes... pour désarmer les antipub ?


Parue le 21 novembre, Décrypter les attitudes vis-à-vis de la publicité, l’étude de l’ARPP (avec l’IREP et IPSOS)* se présente comme la première tentative pour comprendre « les attentes sociétales des Français » face au rôle de la publicité. Cet essai courageux en son principe me semble poser plus de questions qu’il n’en résout… Par ailleurs - mais peut-être est-ce la conséquence du point précédent ? - cette étude esquisse surtout une vision trop consensuelle, si ce n’est politiquement correcte, de ces attentes, à l’heure où trois militants « antipub » viennent d’être condamnés pour des actions dans le métro parisien... (ici l’article de Libération)

Même si toute violence reste inacceptable, la « résistance à la pub » marque aussi une attente de responsabilité vis-à-vis du système de la consommation/communication, dont un nombre de plus en plus grand de citoyens est rejeté de fait, victimes des dommages de la crise, qui ne sont pas que collatéraux... (Photo : CC ORRANGE http://flic.kr/p/8uozgE)
« La régulation professionnelle concertée reposant sur un équilibre entre la liberté d’expression des publicitaires et le respect des consommateurs, », l’ARPP avait le souhait de « préciser à quel moment une publicité va déranger, en vue d’enrichir la réflexion quotidienne de ses équipes dans leurs conseils et avis… ».

Voici ces quatre conclusions principales dont je vous laisse découvrir le détail par vous-même, responsables lecteurs :

  1. La publicité n'existe pas, seules existent et ont un sens les publicités,
  2. Il n'existe pas une, mais des attitudes face aux publicités, 
  3. La diversité des opinions vient de la diversité des individus et des campagnes, 
  4. La grille de lecture est la crise de confiance : moi, les autres, la société, les institutions.

Nos attentes de consommateur (d'études Françaises !) sont déçues...


Je n’entrerai pas dans la discussion de chaque conclusion, même si la première mérite de nous y étendre longuement (il est au moins évident que la publicité existe comme sous-genre télévisuel et cinématographique : demandez-le à tous les ados et aux "fans" des réseaux sociaux !)…

Constatons simplement que le dispositif de l’enquête programme la dissolution du concept de publicité, de tous les enjeux sociétaux qui lui sont intimement liés et de ses éventuels effets négatifs, au profit des chatoiements de la diversité « positive » et « utilitariste » de ses incarnations concrètes. Le rédacteur de la synthèse de l’étude le note bien lui-même : « Parler de la publicité en général conduit souvent à un premier jugement négatif mais plus on montre aux gens des publicités diversifiées, avec des contenus différents, drôles, utiles et des supports variés, plus la réponse est nuancée et riche et comporte différents niveaux d’appréciation » (p. 3).

Quant à la seconde conclusion, « il n'existe pas une, mais des attitudes face aux publicités », elle parait à tout le moins minimaliste, comme résultat d’une étude de décryptage des attitudes ; elle mériterait également qu’on décrypte, si ce n’est les raisons cachées, au moins les conséquences implicites de ce minimalisme méthodologique et conceptuel.

Cependant, il reste surtout important de constater que l’ensemble de ces conclusions peuvent conduire à un aveuglement systémique sur la nature des rapports précisément systémiques qu’entretiennent individu, société, communication (incluant la publicité) et bien sûr consommation. Ce dernier terme (dans son sens économique) n’apparaît ainsi qu’une fois dans la synthèse de l’étude et justement pour souligner l’utilitarisme publicitaire décomplexé des « gens » : « certes, les gens aiment bien les beaux films, mais ils apprécient aussi les prospectus qui vont les aider à découvrir des produits nouveaux, à profiter d’une promotion, à choisir… Ils sont dans une logique utilitariste de la publicité dans la consommation. »

La consommation en état de crise, point aveugle des conclusions de l’étude – rassurantes pour la profession publicitaire – est néanmoins entrevue dans l’entretien avec Yves Bardon, directeur de la prospective d’Ipsos, joint à la synthèse. Sous le titre « Tenir compte de systèmes de valeurs qui changent », ce dernier va-t-il corriger la vision a-systémique de l’étude, ne serait-ce qu’à la marge ?

... Et pourtant, il existerait bien un consommateur/citoyen Français ?


Las ! Répondant à la question quasi politique « Que craint le consommateur/citoyen ? », il préfère rester sur le terrain (qui n’est pas la terre ferme) du marketing psychosocial, ou mieux encore, du marketing « borderline psychotique » ! En effet, pour lui, « La situation de la France est unique en son genre, comme si les Trente Glorieuses étaient un âge d’or absolu, et comme si depuis, il n’y avait plus que des crises pétrolières, spéculatives, immobilières, environnementales, etc. Est-ce que ce sont les « Quarante piteuses » ou une mutation profonde ? Aujourd’hui, quatre peurs structurent la société française : l’avenir, la mondialisation, le présent et la solitude ».

Aux réalités systémiques de la crise du capitalisme de consommation, le psychosociologue finit par nous baigner avec lui dans la psychologie des profondeurs, pour mieux opposer le pessimisme français lesté par son mythe de l’âge d’or glorieux, à l’optimisme utilitariste (sans doute anglo-saxon, mais peut-être bientôt asiatique ?) flottant dans un consumérisme amarré aux évolutions du monde "comme-il-va"… mais guère moins mythique :

« L’antidote de la peur à l’égard du présent, c’est l’extraordinaire, l’antiroutine, le merveilleux, le ré-enchantement, l’évasion, l’idée d’une société différente, harmonieuse, fantastique. D’où le succès de Twilight, Avatar, Intouchables… Quant à l’antidote de la peur d’être seul et abandonné, c’est le coaching, à savoir tout ce qui aide, les modes d’emploi de la vie dans tous les domaines : travail, sexe, éducation, santé, plantes, animaux, décoration, cuisine, etc. »

Cessez-le-feu... temporaire !   


Nous n’aurons donc pas discuté des « quatre » conclusions, ni des quatre peurs structurantes, mais nous reviendrons dans une prochaine publication sur le fond de la troisième conclusion (« La diversité des opinions vient de la diversité des individus et des campagnes ») qui nous dévoile tout de même – excusez du peu – les « cinq thèmes qui dérangent les Français ». Suspens !

Allons, ne désarmons pas, Citoyens de la Patrie : formons nos opinions… Y compris contre la publicité française !

* ARPP : Autorité de régulation professionnelle de la publicité – IREP : Institut de recherches et d’études publicitaires