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mardi 24 avril 2012

To B… or not to B Corp?

Après un papier signé Catherine Gaudenz dans Commerce International d’octobre 2011 (n°78) qui attirait notre attention sur l’adoption par l’état de Californie du Corporate Flexibility Act of 2011, un récent article des Échos, sous le plume de Matthieu Quiret, nous annonce la montée en puissance des B Corporations...           

Ce mouvement né en 2007 s’inscrit dans la même tendance que celui des Flexible Purpose Corporations californiennes, qui ambitionnent de combiner recherche du profit (comme les entreprises à but lucratif) et poursuite d’un ou plusieurs objectifs non financiers (comme les associations à but non lucratif) qui bénéficient à la communauté, et pas seulement aux propriétaires et/ou investisseurs.


L’intérêt de la démarche B Corp se fonde sur une certification tierce-partite délivrée par une association, B Lab, à travers la soumission à un questionnaire d’environ 200 items… Comparée à l’ampleur architectonique de la démarche ISO 26000 (qui n’est, rappelons-le, pas certifiable par vocation), cette simplicité est l’un des avantages de cette certification « façon label » très simple à mettre en place et aussi concrète et pragmatique que peut l’être l’american way of business dans son meilleur esprit « pionnier».

Vous retrouverez ici ou , ou bien encore ici (attention site payant !) quelques éléments d’introduction, mais les pages en français réellement consacrées au sujet sont encore rares. En anglais, vous pouvez aussi consulter Wikipédia, ou cet article de The Economist, ce Post de CSRwire, ou explorer la déjà très riche revue de presse de B Corp elle-même.

To B… or not to B Corp?

Pour finir sur un clin d’œil éclairant sur les motivations profondes de ces entrepreneurs sociaux d’une nouvelle ère (climatique ?) et surtout pour stimuler votre désir d’aller consulter ce site étonnant pour nous, franco-européens, je vous livre la Déclaration d’interdépendance que toute B Corporation doit impérativement signer… de sa plus belle plume, sans doute !


L’hommage aux Pères fondateurs des États-Unis est transparent et tout drapé d’atours néo-shakespeariens que les amateurs apprécieront ;-)

Concrètement, outre la fameuse entreprise Patagonia et Alter Eco USA, quelque cinq cents B Corporations sont désormais certifiées. Parmi ces audacieuses précurseures, quarante sont canadiennes… et une seule européenne, dont vous trouverez ici la nationalité… Alors, à quand la première « B Corp » à la française ?

PS : Dans le prolongement de l’article de CI, vous trouverez des éléments complémentaires sur les travaux refondateurs d’Armand Hatchuel et de l’équipe du projet « L’entreprise, formes de la propriété et responsabilités sociales » ici sur le site du Collège des Bernardins.

mardi 14 février 2012

En communicant, la valeur n'attend pas le nombre des années

Un article récent mis en ligne sur le site de Séquovia, attire une nouvelle fois notre attention sur une question cruciale pour beaucoup de dirigeants d’entreprises grandes ou petites : la RSE est-elle un investissement rentable ? L’étude à laquelle se réfère le site date de fin juillet 2011 et a été réalisée pour le compte de Corporate Social Responsibility Newswire. Elle fait état (sur un échantillon certes relativement restreint de sociétés cotées sur le marché américain) des relations positives entretenues entre l’annonce par communiqué de presse des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre et le cours de l’action. Certes, le « focus » de l’étude paraît étroit, puisqu’elle n’est fondée que sur la médiatisation des résultats des actions par e-communiqué de presse – évidemment le « job » de CSRWire – et se cantonne aux actions contre les gaz à effet de serre. 
Image :  http://flic.kr/p/6BFzwA
Les universitaires chargés de l’étude pensent au moins pouvoir constater un effet de « transparency », lié à l’intérêt actuel (mais qui, sans constituer un effet de mode, pourrait être temporaire) des marchés financiers concernant les risques de réputation. On ne peut donc tout à fait écarter l’existence d’un artefact d’observation qui serait dû au fait que dans un marché où encore relativement peu d’acteurs se comportent de façon responsable, les premiers à le faire et surtout à le communiquer de façon factuelle et concrète se différencient de leurs rivaux. Ceci reviendrait à dire qu’à court terme, il paraît donc effectivement rationnel et rentable de se lancer dans une politique RSE… Et surtout de le communiquer efficacement : C.Q.F.D. !
Au vu du faible nombre d’études concrètes permettant d’objectiver la performance économique d’une politique RSE, ce n’est peut-être déjà pas si mal…

Pour aller plus loin sur cette problématique de rentabilité, et notamment sur les notions de communication et de transparence, il est utile de consulter la publication de Vigeo, RSE : de quoi les entreprises rendent-elles compte ? Pour une vision plus globale, et synthétique, présentée sous la forme accessible d’un rapport gouvernemental, on peut également se reporter au rapport de la Mission confiée à Sophie de Menthon et remis à Xavier Bertrand Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, en septembre 2011 : La Responsabilité Sociétale des Entreprises. (Le rapport est téléchargeable ici sur le site mediaterre.org).

mardi 31 janvier 2012

La-haut sur la montagne... la RSE !

Le fameux World Economic Forum de Davos vient de tomber le rideau sur les merveilleux et altiers paysages Suisses. N’y ayant pas été invité pour la 38e fois consécutive (c’est-à-dire exactement depuis sa première édition en 1974, mais sans doute sera-ce pour la prochaine fois !), il m’est apparu intéressant de musarder dans son site-programme « vertigineux » – et pas seulement à cause de l’altitude du site, ni même celle, parfois un peu stratosphérique, des débats – pour tenter de décrypter l’émergence de quelques tendances qui auraient échappé au commun des mortels.

La page d'accueil du site du WEF

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) sous son identité anglaise de Corporate Social Responsability (CSR) est évidemment présente dans différents débats de l’édition 2012. CSR, son acronyme anglais, apparaît en effet de plus en plus au fil des années (de 1 fois seulement en 2004, jusqu’à 8 fois en 2012, selon la recherche de site intégrée). Une occurrence de 2012 mérite cependant notre attention : The New Context for Leadership, une session à laquelle participe notamment Dipak C. Jain, doyen de l’INSEAD.
 
C’est apparemment la première fois à Davos, qu’est posée directement la question du nouveau type leadership que requiert l’intégration stratégique de la CSR par les organisations, à travers la pleine prise en compte de la multiplicité des parties prenantes. La synthèse de la session (traduite de l’anglais par mes soins) précise ainsi que « Du point de vue du monde des affaires comme de celui de la société civile, il y a besoin de plus de discussions imaginatives pour savoir quel type de leadership est nécessaire dans un monde multi parties-prenantes. Comment les entreprises peuvent mobiliser des facteurs de production plus efficaces en impliquant leurs employés et leurs clients ? Elles ont besoin d'être plus disciplinée sur leur engagement, tout en préservant leur force d’inspiration ». On ne peut mieux souligner la dimension communicationnelle qu’auront à développer ces nouveaux leaders…   
 
Par ailleurs, une petite recherche sur le terme « ISO 26000 » dans l’ensemble du site ne donne qu’un seul résultat. Celui-ci pointe sur l’une des dernières sessions du Forum 2012 : Rewiring the Responsible Enterprise. La prise en compte des droits de l’homme par la nouvelle norme y est notamment considérée comme une ouverture de la Corporate Social Responsability vers la Social Responsability… tout court. Ce signal (très, très) faible présage-t-il de l’ouverture des esprits sans doute parmi les plus entreprenants de la planète à cette nouvelle norme ? Ou plutôt, sa faiblesse même serait-elle un signal fort de l’étendue de la mission d’évangélisation qui reste encore à mener sur le sujet dans les hautes sphères (et les alpages ?) des plus puissants décideurs du monde économique et politique ? Haute problématique à suivre…